DISCOURS DE MONSIEUR LLUĺS MARIA DE PUIG,
PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE, A L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE L’EXPOSITION
« 1979-1989: THE DECADE OF SOLIDARITY »
(Foyer CM, lundi 28 septembre 2009, 11h00)
Chers Amis,
L’histoire n’est pas un long fleuve tranquille : elle change de rythme et d’intensité selon les temps et les lieux.
Il y a des pays et des époques où toutes les forces, toutes les valeurs qui nous animent sont mises en jeu : le résultat ne peut qu’être un tourbillon de combats et de contradictions. Ainsi l’Europe centrale et orientale au cours des années 80. Les régimes autoritaires de l’époque arrivaient à maintenir un état de calme artificiel purement apparent. En même temps, les ferments du renouveau et de la lutte pour la liberté étaient là, sous la surface.
Nous avons parlé plusieurs fois durant cette année des événements qui secouèrent l’Europe centrale et orientale il y a exactement vingt ans, en 1989. Nous avons commémoré la chute du Mur de Berlin et toutes les révolutions, plus ou moins violentes, qui menèrent à l’instauration de la démocratie dans les pays de l’ancien bloc soviétique.
Rappelons-nous encore une fois que ces révolutions, ces événements qui nous émeuvent et nous exaltent encore aujourd’hui ne se sont pas produits du jour au lendemain. Ils ont été le résultat du courage d’une entière génération de citoyens.
Dans le cas de la Pologne, cette génération de courageux a pu mener son combat surtout au sein du syndicat de Solidarnosc , « Solidarité ». Les photos et les textes de cette exposition nous montrent la force de cette solidarité chez les Polonais opprimés par la dictature et la vague de solidarité qu’ils suscitaient dans les autres pays. C’est surtout grâce à leur propre esprit combatif et à leur cohérence, il faut le reconnaitre, que les Polonais ont retrouvé la liberté et la démocratie, en défiant le pouvoir, et souvent au prix de leur liberté. Le Président Borusewicz qui est avec nous aujourd’hui peut en témoigner. Vous verrez, parmi les images de cette exposition, un appel à sa libération, écrit sur un mur de Gdansk en 1986.
Le Conseil de l’Europe a accueilli la Pologne au lendemain de ces événements et nous avons la présomption d’avoir accompagné cette nation dans son chemin démocratique.
Je remercie nos amis polonais promoteurs de cette exposition de nous avoir offert une opportunité de plus pour réfléchir sur l’importance de l’engagement civil et de nous avoir montré que l’effort collectif et solidaire n’est pas qu’une illusion des idéalistes. Il aboutit à des résultats concrets.